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【法国原版小说】Deux et deux font cinq-NOTES SUR LA CÔTE D'AZUR (1)

时间:2020-08-18来源:互联网 进入法语论坛
核心提示:Deux et deux font cinqALPHonSE ALLAISNOTES SUR LA CÔTE D'AZUR (1)... Au restaurant de la gare, o je dne avant de p
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 Deux et deux font cinq
 
ALPHonSE ALLAIS 

NOTES SUR LA CÔTE D'AZUR (1)


... Au restaurant de la gare, où je dîne avant de prendre le train, à la table tout près de moi se trouve un petit ménage d'amoureux, fraîchement conjoint, sans doute, extrêmement réjouissant.

Surtout la petite femme, qui est drôle!

—Oh! regarde donc ce brave homme! La bonne tête qu'il a! Parle-lui, il doit être rigolo.

Le brave homme ainsi désigné jouit effectivement d'une bonne tête. La face cramoisie avec, tout blancs, ses cheveux et ses favoris. Une tomate sur laquelle il aurait neigé, comme disait je ne sais plus qui à propos de je ne sais plus quel autre. Sur sa tête, une casquette qui porte ce mot: Interprète.

Docile, le jeune homme obéit à sa petite compagne:

—Hé, monsieur!

—Monsieur?

—Vous êtes interprète?

—Oui, monsieur.

—Est-ce que vous parlez français?

—Oui, monsieur.

—Ah! c'est bien regrettable, parce que, moi aussi, je parle français, de sorte que vous ne pourriez me rendre aucun service. C'est bien regrettable!

—Qu'est-ce que vous voulez, monsieur, ce sera pour une autre fois.

—Mais, que cela ne vous empêche pas de prendre un verre avec nous; voulez-vous?

—Avec plaisir, monsieur.

La petite femme semble heureuse comme tout de trinquer avec le vieil interprète rouge et blanc.

... Le compartiment où je pénètre est occupé par trois messieurs, qui m'accueillent avec une évidente discourtoisie. Complet, s'écrient-ils, me désignant les places vacantes encombrées par des couvertures et autres menus objets.

Ces messieurs sont des Anglais inhospitaliers.

Délicatement, je prends les couvertures et autres menus objets de la place du coin, je les reporte à côté et m'installe le plus confortablement du monde.

Le train part.

Me voilà tout à la joie de m'en aller loin de ce boueux et brumeux Paris, vers le bon soleil, où je vais soigner ma petite neurasthénie et dorloter ma blême dégénérescence.

Je n'ai pas grandi d'une ligne dans la sympathie de mes Anglais. Ces messieurs ne se gênent vraiment pas assez. Décidément, ce ne sont pas de véritables gentlemen.

Et puis, je m'endors du pur sommeil de la brute avinée.

Quand je m'éveille, il fait petit jour, je jette un coup d'œil sur mes compagnons de route.

Ô délire! Ces trois muffs sont des poitrinaires, tuberculeux au dernier degré!

Dès lors, ma liesse ne connaît plus de bornes.

À la hauteur d'Avignon, un radieux soleil inonde notre car, et j'éprouve un plaisir extrême à contempler la mine blafarde de mes insulaires pignoufs, leurs pommettes rouges, leurs yeux creux, leurs ongles qui s'incurvent et leurs oreilles qui se décollent.

D'Avignon à Marseille, mon voyage n'est qu'un Eden ambulant.

Ça leur apprendra à être polis.

... Cet accès de sauvagerie anglophobeuse (épisodique, d'ailleurs) est de la bien petite bière auprès du mot que j'ai entendu ce matin à Menton.

Le capitaine Kermeur, de Saint-Malo, dont le bateau est au radoub à Marseille, a profité de ses deux ou trois jours libres pour faire un tour à Menton.

—Quel sale cochon de pays, hein! fait Kermeur.

—Vous trouvez? Moi, je ne suis pas de votre avis.

—Eh bien, moi, je suis du mien, d'avis. S'il me fallait vivre dans cet ignoble patelin de mocos, j'aimerais mieux me f... à l'eau, tout de suite!

—Vous êtes sévère, Kermeur!

—Mais, enfin, vous n'allez pourtant pas comparer ce pays à la Bretagne?

—Je ne compare jamais, Kermeur. Chaque contrée a son genre de beauté, voilà tout!

—Ah! vous n'êtes pas dur, vous!

—Mais, dites-moi, Kermeur... Si ce pays vous dégoûte à ce point, que venez-vous donc y faire, alors que rien ne vous force à y venir?

—Ce que je viens y faire?

À ce moment, la physionomie de Kermeur revêt une expression double de joie excessive et de férocité peu commune:

—Je viens voir crever des Anglais!

Et, en disant ces mots, Kermeur a le rictus bien connu du tigre qui rigole comme une baleine...

... Toulon, vingt-trois minutes d'arrêt.

Une jeune femme, très gentille, ma foi! qui n'a pas entendu, me demande:

—Pardon, monsieur, c'est bien Toulon, ici?

Au lieu de lui répondre simplement: «Oui, madame», je ne puis résister à la tentation de faire un calembour idiot:

—Je ne sais pas exactement, madame, c'est Toulon... ou tout l'autre.

La dame hausse imperceptiblement les épaules, descend du wagon, se dirige vers la bibliothèque, et achète le Parapluie de l'escouade, un des livres les plus amusants qu'on ait publiés depuis ces dernières vingt années.


 
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