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CHAPITRE XIV UN DE NOUS ?(2)

时间:2023-10-07来源:互联网 进入法语论坛
核心提示:Nallez pas vous forger de semblables ides, dit-il. Pour moi, il ne faitaucun doute que le criminel a frapp Mrs Leidner
(单词翻译:双击或拖选)

— N’allez pas vous forger de semblables idées, dit-il. Pour moi, il ne fait

aucun doute que le criminel a frappé Mrs Leidner (excusez-moi, Leidner) dès

qu’il a pénétré dans sa chambre. Elle fut certainement tuée sur le coup. Sans quoi

la victime aurait eu le temps d’appeler au secours et de pousser des cris.

— J’aurais peut-être donné l’alerte et contribué à faire prendre l’assassin,

insista miss Johnson.

— À quelle heure cela s’est-il passé, mademoiselle ? demanda Poirot. Vers

une heure et demie ?

— Oui, à peu près à cette heure-là.

Elle réfléchit un instant.

— Cela concorderait bien, énonça Poirot, pensif. N’avez-vous pas entendu

un autre bruit ? D’ouverture ou de fermeture d’une porte, par exemple ?

Miss Johnson secoua négativement la tête.

— Non, je ne me souviens d’aucun bruit de ce genre.

— Vous étiez assise à une table, sans doute ? De quel côté étiez-vous

tournée ? Vers la cour ? Vers la salle des antiquités ? Du côté de la véranda ? Ou

de la campagne ?

— J’étais assise en face de la cour.

— De l’endroit où vous vous trouviez, voyiez-vous le boy Abdullah laver

ses poteries ?

— Oui, lorsque je levais les yeux, mais je portais toute mon attention sur

mon ouvrage.

— Toutefois, si quelqu’un était passé sous les fenêtres de la cour, vous

l’auriez remarqué ?

— Oui, j’en suis presque certaine.

— Et vous n’avez vu personne ?

— Non.

— Et si l’on était passé au milieu de la cour, vous en seriez-vous aperçue ?

— Je n’en sais rien… peut-être que non… à moins qu’à ce moment précis je

n’eusse regardé par la fenêtre.

— Vous êtes-vous rendu compte que le jeune Abdullah avait quitté son

travail pour rejoindre au-dehors les autres serviteurs ?

— Non.

— Dix minutes… soupira Poirot. Ces funestes dix minutes.

Un court silence régna.

Brusquement, miss Johnson leva la tête et dit :

— Sans le vouloir, monsieur Poirot, je crains de vous avoir induit en erreur.

Après réflexion, je ne crois pas qu’il me soit possible d’avoir entendu, de

l’endroit où je me trouvais, un cri provenant de la chambre de Mrs Leidner. La

salle des antiquités est située entre ces deux pièces et, nous le savons, ses fenêtres

étaient fermées.

— Quoi qu’il en soit, tranquillisez-vous, mademoiselle, lui dit Poirot avec

bienveillance. Ce détail n’offre guère d’importance.

— Non, bien sûr. Je le sais. Mais, voyez-vous, personnellement, j’y attache

quelque portée parce que j’aurais peut-être pu faire quelque chose.

— Je vous en prie, ne vous tourmentez pas, chère Anne, lui dit le Dr Leidner

d’un ton affectueux. Soyez raisonnable. Vous avez sans doute entendu un paysan

arabe appeler un de ses compagnons dans les champs.

Miss Johnson rougit légèrement devant la sollicitude du docteur envers elle.

Des larmes jaillirent même de ses yeux, puis elle détourna la tête et parla d’une

voix plus rude que de coutume.

— Oui, sans doute. Après un pareil drame, on se figure des choses qui ne

sont jamais arrivées.

Une fois de plus, Poirot consulta son carnet.

— Nous approchons de la fin. Monsieur Carey ?

Mr Carey s’exprima lentement et d’un ton monotone.

— Je crains de ne pouvoir rien ajouter d’intéressant à ce que vous savez

déjà. Je travaillais aux fouilles. La nouvelle me parvint à cet endroit.

— Et vous ne voyez rien qui se soit produit durant les journées précédant

immédiatement le meurtre ?

— Rien du tout.

— Monsieur Coleman ?

— Je suis tout à fait en dehors de cette histoire, dit Mr Coleman avec, dans

la voix, peut-être une ombre de regret. Hier matin, je me suis rendu à Hassanieh

chercher l’argent nécessaire à la paye des ouvriers. À mon retour, Emmott

m’apprit ce qui s’était passé et je remontai en camionnette pour aviser la police et

le Dr Reilly.

— Et auparavant ?

— L’atmosphère était un peu troublée, comme vous le savez. Il y eut d’abord

l’incident de la salle d’antiquités, puis des têtes et des visages apparurent à la

fenêtre, vous en souvenez-vous, monsieur ! ajouta-t-il en s’adressant au

Dr Leidner, qui acquiesça d’un signe de tête. À mon avis, vous ne tarderez pas à

découvrir qu’un individu s’est introduit ici du dehors. Un type astucieux s’il en

fut !

Poirot l’observa quelques instants en silence.

— Êtes-vous anglais, monsieur Coleman ? lui demanda-t-il enfin.

— Cent pour cent, monsieur. Voyez marque de fabrique. Garanti sans

facture.

— C’est votre première saison ?

— Parfaitement, monsieur.

— Vous vous passionnez pour l’archéologie ?

Cette question sembla causer à Mr Coleman un certain embarras. Il rougit

légèrement et lança au Dr Leidner le regard confus d’un écolier pris en faute.

— Certes, cette science est intéressante au plus haut point, balbutia-t-il.

Toutefois, je n’en suis pas très féru…

Il s’interrompit et Poirot n’insista pas.

Il tapota machinalement sur la table à l’aide de son crayon et ramena

méticuleusement devant lui un encrier.

— Pour le moment, nous pouvons, je crois, nous en tenir là. Si quelqu’un,

par la suite, se souvenait d’un détail qui lui aurait échappé durant ces

préliminaires d’enquête, qu’il n’hésite pas à venir me consulter. Maintenant, je

désirerais m’entretenir en particulier avec le Dr Leidner et le Dr Reilly.

Ce fut comme un signal de lever la séance. Tous nous quittâmes nos sièges

et, l’un après l’autre, gagnâmes la porte. J’allais sortir à mon tour quand une voix

me rappela :

— Mademoiselle Leatheran, voulez-vous avoir l’obligeance de rester aussi ?

me demanda M. Poirot. Votre présence peut nous être précieuse.

Je rebroussai chemin et repris ma place à la table.

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