pour y entrer et pour en sortir, de deux échelles. Avec la première, je montais
jusqu’à un endroit du roc où il y avait place pour poser la seconde et, quand
je les avais retirées l’une et l’autre, il n’était pas possible à âme vivante de
venir à moi sans courir les plus grands dangers.
C’est ainsi que je pris pour ma sauvegarde toutes les mesures que la
prudence humaine était capable de me suggérer.
Je songeai également à préserver mon troupeau. Pour cela, je décidai de
faire deux ou trois nouveaux enclos, éloignés les uns des autres, aussi cachés
que possible et pouvant renfermer chacun une demi-douzaine de jeunes
chèvres. De cette façon, si quelque désastre arrivait au troupeau général, je
pourrais le remettre sur pied en peu de temps et avec peu de peine.
Je me mis donc à parcourir tous les recoins de l’île et trouvai bientôt un
endroit aussi détourné que je souhaitais. C’était une pièce de terre unie, au
beau milieu des bois les plus épais, une sorte d’enclos naturel. Au bout d’un
mois, quelques-uns de mes animaux purent déjà être mis en sûreté dans cet
asile.
Je continuai mes recherches pour trouver un autre lieu secret lorsqu’un
jour, m’avançant davantage vers la pointe occidentale de l’île, je crus voir
d’une hauteur où j’étais une chaloupe bien avant dans la mer.
Aventures de Robinson Crusoé
Daniel Defoe