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CHAPTER XXXV

时间:2020-10-13来源:互联网 进入法语论坛
核心提示:C'tait un atelier de neuf mtres de long sur sept de large.Ses quatre murs ressemblaientun muse etun pandmonium. L'talage
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 C'était un atelier de neuf mètres de long sur sept de large.
 
Ses quatre murs ressemblaient à un musée et à un pandémonium. L'étalage et le fouillis d'un luxe baroque, un entassement d'objets bizarres, exotiques, hétéroclites, des souvenirs, des morceaux d'art, l'amas et le contraste de choses de tous les temps, de tous les styles, de toutes les couleurs, le pêle-mêle de ce que ramasse un artiste, un voyageur, un collectionneur, y mettaient le désordre et le sabbat du bric-à-brac. Partout d'étonnants voisinages, la promiscuité confuse des curiosités et des reliques: un éventail chinois sortait de la terre cuite d'une lampe de Pompéi; entre une épée à trois trèfles qui portait sur la lame: Penetrabit, et un bouclier d'hippopotame pour la chasse au tigre, on pouvait voir un chapeau de cardinal à la pourpre historique tout usée; et un personnage d'ombre chinoise de Java découpé dans du cuir était accroché auprès d'un vieux gril en fer forgé pour la cuisson des hosties.
 
Sur l'un des panneaux de la porte, encadrée dans des arabesques d'Alhambra, une tête de mort couronnait une panoplie qui dessinait vaguement, dessous, l'ostéologie d'un corps. Des sabres à pommeaux, arrangés en fémurs, des lames à manches d'ivoire et d'acier niellé, des poignards courbes ébauchant des côtes, des yatagans, des khandjars albanais, des flissats kabyles, des cimeterres japonais, des cama circassiens, des khoussar indous, des kris malais, se levait une espèce de squelette sinistre de la guerre, le spectre de l'arme blanche. Au-dessus de la porte, deux bottes marocaines en cuir rouge pendaient, comme à califourchon, des deux côtés d'un grand masque de sarcophage, la face noire et les yeux blancs: posés sur le front du large et effrayant visage, des gants persans en laine frisée lui faisaient une sorte d'étrange perruque de cheveux blancs.
 
A côté de la porte, auprès d'une horloge Louis XIII à cadran de cuivre et à poids, une crédence moyen âge portait un moulage d'Hygie: devant elle, un ânon de plâtre semblait boire dans un gobelet de fer-blanc plein de vermillon. Entre les jambes d'un écorché, on apercevait comme un coin du Cirque: un petit modèle d'éléphant et un lutteur antique lancé en avant. La Léda de Feuchères, les jambes furieusement croisées autour du cygne, ses genoux lui relevant les ailes, était devant le Mercure de Pigalle, dont l'épaule coupait la gorge d'une nymphe de Clodion. Au-dessus de la crédence, une pochette en ébène enrichie d'incrustations de nacre, représentant des fleurs de lys et des dauphins, masquait à demi un albâtre de Lagny, du XVIe siècle, ou était figuré le songe de Jacob.
 
De l'autre côté de la porte, contre une autre crédence, des toiles sur châssis empilées et retournées portaient en lettres noires: 1, rue Childebert, Paris, Hardy Alan, fabricant de couleurs fines.
 
Le milieu du panneau de gauche était décoré d'un faisceau d'oriflammes et de drapeaux d'or, rouges et bleus, ayant servi à quelque représentation de théâtre, et qui, avec la fulgurance de leurs plis, avec leurs éclairs de lame de cuivre, avaient des lueurs de voûte des Invalides et de coupole de Saint-Marc. Ce faisceau, splendide et triomphal, sortait de casques, de masses d'armes, de boucliers, de rondaches. Là-dessus, une tête de lion empaillée, la gueule ouverte, les crocs blancs, sortait du mur. Elle dominait et semblait garder un fauve chef-d'œuvre, une petite copie du temps du Martyre de Saint-Marc, de Tintoret, dont le riche cadre doré se détachait d'une boiserie noire reliée à un coffre en bois de chêne sculpté, orné de petites armoiries peintes et dorées. Sur un coin du coffre qui portait cela, une boîte à couleurs ouverte faisait briller, du brillant perlé de l'ablette, de petits tubes de fer-blanc, tachés et baveux de couleur, au milieu desquels de vieux tubes vides et dégorgés avaient le chiffonnage d'un papier d'argent. Il y avait encore sur le coffre, un grand plat hispano-arabe, à reflets mordorés, où s'éparpillait un paquet de gravures, un serre-papier fait d'un pied momifié couleur de bronze florentin, des petites fioles, une cruche à huile en grès à dessins bleus, et une grande statue en bois de sainte Barbe, à la main de laquelle était suspendu, par un cordonnet, un petit médaillon en cire, le portrait d'une vieille parente de Coriolis, guillotinée en 93.
 
Le reste du mur, de chaque côté, était couvert de plâtres peints, de grands écussons bariolés et coloriés. Un profil de Diane de Poitiers, la chair rosée, les cheveux blondissants, sous un clocheton gothique et flamboyant, à choux frisés, la Poésie légère de Pradier sur un socle à pivot, des pipes accrochées et serrées à la gorge par deux clous, un fragment du Parthénon, un relief du vase Borghèse, un sceptre de la Mère folle de Dijon en bois sculpté et peint, garni de grelots; une étagère chargée de bouteilles turques zébrées d'or et d'azur, un houka, enlacé du serpent poussiéreux de son tuyau, un tas de petits bouts d'ambre, une planche de coquilles, mettaient là une polychromie étourdissante, traversée d'éclairs d'irisations.
 
Par-dessus une haie de tableaux commencés, posés les uns devant les autres, le premier sur un chevalet Bonhomme, le second sur la peluche rouge de deux chaises, le dernier appuyé contre le mur, l'œil allait, sur le panneau de droite, à un masque de Géricault, sur lequel était jeté de travers un feutre de pitre à plumes de coq. Après le masque, c'était une petite Vierge de retable qui avait, passée derrière le dos, une branche de buis bénit tout jauni, apportée à l'atelier par un modèle de femme, un dimanche des Rameaux. A côté de la Vierge, une mince colonnette, à enroulements or, argent, bleu et rouge, semée de croissants de lune argentés et de fleurs de lis d'or, portait en haut une boule couverte de dessins astrologiques.
 
Après la colonnette, s'étalait une grande toile orientale abandonnée, sur le bas de laquelle étaient écrits, à la craie, des adresses d'amis, des noms de modèles, des dates de rendez-vous, des mémentos de la vie parisienne, qui entraient dans des jupes d'almées. Au-dessus de la toile était pendue l'ossature d'une tête de chameau, avec tout son harnachement de brides mosaïquées de pierres bleues, tout un entourage de sellerie orientale, d'étriers de mameluck, au milieu desquels tombait un manteau de peau d'un grand chef des Pieds noirs, troué d'un trou de balle, et qui avait été échangé, dans le pays, contre vingt-deux poneys.
 
En bas, une petite armoire vitrée laissait voir, pressées et mêlées, des étoffes d'où s'échappaient des fils d'or, des soieries à couleurs de fleurs, des vestes turques dont chaque bouton d'or enserrait une perle fine. Un peu plus loin, par terre, les cassures métalliques d'un monceau de charbon de terre étincelaient contre le poêle qui allait enfoncer le coude de son tuyau dans le mur, au-dessus d'un bas-relief de saint Michel terrassant le diable, à côté de l'inscription philosophique, gravée en creux dans la pierre par un prédécesseur de Coriolis:
 
Quare
Nec time
Hic aut illic mors
Veniet.
 
Puis, entre le moulage de la tête d'un chauffeur d'Orgères et un médaillon bronzé d'une tournure furieuse à la Préault, pendaient une paire de castagnettes et deux souliers de danseuse espagnole, qui avaient comme une ombre de chair au talon. La décoration continuait par un bas-relief de camarade, un sujet de prix de Rome, portant le cachet en creux, au haut, à gauche: École royale des Beaux-Arts. Et le mur finissait par un moulage de la Vénus de Milo.
 
Un mannequin, couvert d'un sale costume d'arlequin loué, était debout devant la déesse, et il en écornait un grand morceau avec sa pose de bois qui faisait la cour à Colombine.
 
Le fond de l'atelier était entièrement rempli par un grand divan-lit qui ne laissait de place, dans un coin, qu'à une psyché en acajou, à pieds à griffes. Sous le jour de la baie, une sorte d'alcôve s'enfonçait là entre deux grandes cantonnières de tapisserie à verdure, sous un large tendo de toile grise, qui rappelait le ton et le grand pli lâche d'une voile sur une dunette de navire. Ce tendo pendait à des cordes que paraissaient tenir, de chaque côté de la baie, deux grands anges de style byzantin, peints et nimbés d'or. Le divan était recouvert de peaux de panthères et de tigres, aux têtes desséchées. Aux deux encoignures du fond, deux moulages de femme de grandeur naturelle, les deux moulages admirables du corps de Julie Geoffroy et de ses deux faces, par Rivière et Vittoz, se dressaient en espèces de cariatides. C'était la vie, c'était la présence réelle de la chair, que ces empreintes, celle surtout qu'éclairait à gauche une filtrée de jour, ce dos que fouettait, sur tous ses reliefs et sur le plein de ses orbes, une lumière chatouillante allant se perdre le long de la jambe sur le bout du talon. Une ombre flottante dormait tout le jour dans ce réduit de mystère et de paresse, dans ce petit sanctuaire de l'atelier, qui, avec ses odeurs de dépouilles sauvages et sa couleur de désert, semblait abriter le recueillement et la rêverie de la tente.
 
Là-dedans, dans cet atelier, il y avait le grand Coriolis qui peignait debout;—Anatole, qui faisait sur un album, en fumant une cigarette, un croquis d'après un corps dormant et perdu dans l'ombre du divan;—et le singe de Coriolis, grimpé et juché sur le dossier de la chaise d'Anatole, fort occupé à faire comme lui, se dépêchant de regarder quand il regardait, crayonnant quand il crayonnait, appuyant avec rage son porte-crayon sur la page blanche d'un petit carnet. A tout moment, il avait des étonnements, des désespoirs; il jetait de petits cris de colère, il tapait sur le papier: son crayon était rentré et ne marquait plus. Il voulait le faire ressortir, s'acharnait, flairait le porte-crayon avec précaution, comme un instrument de magie, et finissait par le tendre à Anatole.
 
Le jour insensiblement baissait. Le bleuâtre du soir commençait à se mêler à la fumée des cigarettes. Une vapeur vague où les objets se perdaient et se noyaient tout doucement, se répandait peu à peu. Sur les murs salis de traînée de fumée, culottés d'un ton d'estaminet, dans les angles, aux quatre coins, il s'amassait un voile de brouillard. La gaieté de la lumière mourante allait en s'éteignant. De l'ombre tombait avec du silence: on eût dit qu'un recueillement venait aux choses.
 
Coriolis s'assit sur un tabouret devant sa toile, et se perdit dans les rêveries que l'heure douteuse fait passer dans les yeux d'un peintre devant son œuvre. Anatole alla s'étendre à la place que les pieds du dormeur laissaient libre sur le divan. Le singe disparut quelque part.
 
Les tableaux semblaient défaillir; ils étaient pris de ce sommeil du crépuscule qui paraît faire descendre dans les ciels peints le ciel du dehors, et retirer lentement des couleurs le soleil qui s'en va de la journée. La mélancolique métamorphose se faisait, changeant sur les toiles l'azur matinal des paysages en pâleurs émeraudées du soir; la nuit s'abaissait visiblement dans les cadres. Bientôt les tableaux, vus sur le côté, firent les taches brouillées, mêlées, d'un cachemire ou d'un tapis de Smyrne. La tournure d'un rêve vint aux silhouettes des compositions qui prirent, dans la masse de leurs ombres un caractère confus, étrange, presque fantastique. Les petites colonnes encastrées dans le mur, les consoles et les portoirs des statuettes, arrêtaient encore un peu de jour qui se rétrécissait en une filée toujours plus mince sur leurs nervures. Au-dessus de la copie du Saint-Marc, du noir était entré dans la gueule ouverte du lion qui paraissait bâiller à la nuit.
 
Un nuage d'effacement se nouait du plancher au plafond. Les plâtres devenaient frustes à l'œil, et des apparences de formes à demi perdues ne laissaient plus voir que des mouvements de corps lignés par un dernier trait de clarté. Le parquet perdait le reflet des châssis de bois blancs qui se miraient dans son luisant. Il continuait à pleuvoir ce gris de la nuit qui ressemble à une poussière. La fin de la lumière agonisait dans les tableaux: ils s'évanouissaient sur place, décroissaient sans bouger, mystérieusement, dans la lenteur d'un travail de mort, et dans l'espèce de solennité d'une silencieuse décomposition du jour. Comme lassée et retombant sur l'épaule, la tête de mort sembla se pencher davantage et se baisser sur un manche de yatagan.
 
Puis ce fut ce moment entre le jour et la nuit où ne se voit plus que ce qui est de l'or: l'ombre avait mangé tout le bas de l'atelier. Il n'y restait plus de lumière qu'aux deux godets de la palette de Coriolis, posée sur une chaise. Les choses étaient incertaines et ne se laissaient plus retrouver qu'à tâtons par la mémoire des yeux. Puis des taches noires couvrirent les tableaux. L'ombre s'accrocha de tous les côtés aux murs. Une paillette, sur le côté des cadres, monta, se rapetissa, disparut à l'angle d'en haut; et il ne resta plus dans l'atelier qu'une lueur d'un blanc vague sur un œuf d'autruche pendu au plafond, et dont on ne voyait déjà plus ni la corde ni la houppe de soie rouge.
 
A ce moment, le domestique apporta la lampe.
 
Le dormeur du divan, réveillé par la lumière, s'étira, se leva: c'était Chassagnol.
 
Quelque temps, il se promena dans l'atelier avec les mouvements, l'espèce de frisson d'un homme agitant et secouant la dernière lâcheté de sa somnolence. Et tout à coup: Ingres! Delacroix!—il jeta ces deux grands noms comme s'il revenait d'un rêve à l'écho de la causerie sur laquelle il s'était endormi.
 
—Ingres! Ah! oui, Ingres! Le dessin d'Ingres! Allons donc! Ingres!… Il y a trois dessins: d'abord l'absolu du beau: le Phidias; puis le dessin italien de la Renaissance: les Raphaël, les Léonard de Vinci; puis le dessin rengaine… encore beau, mais avec des indications, des appuiements, des soulignements de choses qui doivent être perdues dans la ligne, fondues dans la coulée, le jet de tout le dessin… Tenez! par exemple, un modèle, mettez-le là: Léonard de Vinci le dessinera avec ingénuité… tout auprès… poil par poil, comme un enfant… Raphaël y mettra, dans l'après-nature de son dessin, le ressouvenir de formes, l'instinct d'un noble à lui… Eh bien! dans le Vinci comme dans le Raphaël, dans celui qui n'a fait que copier comme dans celui qui a interprété, il y aura plus que le modèle, quelque chose qu'ils seront seuls à y voir… Tenez! voilà une tête de cheval de Phidias… Eh bien! ça a l'air de n'être que la nature: moulez une tête de cheval et voyez-la à côté!… C'est le mystère de toutes les belles choses de l'antiquité: elles ont l'air moulées; cela semble le vrai et la réalité même, mais c'est de la réalité vue par de la personnalité de génie… Chez Ingres? Rien de cela… Ce qu'il est, je vais vous le dire: l'inventeur au dix-neuvième siècle de la photographie en couleur pour la reproduction des Pérugin et des Raphaël, voilà tout!… Delacroix, lui, c'est l'autre pôle… Un autre homme!… L'image de la décadence de ce temps-ci, le gâchis, la confusion, la littérature dans la peinture, la peinture dans la littérature, la prose dans les vers, les vers dans la prose, les passions, les nerfs, les faiblesses de notre temps, le tourment moderne… Des éclairs de sublime dans tout cela… Au fond, le plus grand des ratés… Un homme de génie venu avant terme… Il a tout promis, tout annoncé… L'ébauche d'un maître… Ses tableaux? des fœtus de chefs-d'œuvre!… l'homme qui, après tout, fera le plus de passionnés comme tout grand incomplet… Du mouvement, une vie de fièvre dans ce qu'il fait, une agitation de tumulte, mais un dessin fou, en avance sur le mouvement, débordant sur le muscle, se perdant à chercher la boulette du sculpteur, le modelage de triangles et de losanges, qui n'est plus le contour de la ligne d'un corps, mais l'expression, l'épaisseur du relief de sa forme… Le coloriste? Un harmoniste désaccordé… pas de généralité d'harmonie… des colorations dures, impitoyables, cruelles à l'œil, qui ont besoin de s'enlever sur des tonalités tragiques, des fonds tempétueux de crucifiement, des vapeurs d'enfer comme dans son Dante… Une bonne toile, ça!… Pas de chaleur, avec toute cette violence de tons, cette rage de palette… Il n'a pas le soleil… La chair, il n'exprime pas la chair… Point de transparence… des crépis rosâtres, des rouges d'onglée, il fait de cela la vie, l'animation de la peau… Toujours vineux… des demi-teintes boueuses… Jamais la belle pâte coulante, la grande traînée délavée des maîtres de la chair… Avec cela un insupportable procédé d'éclairage des corps et des objets, des lumières faites avec des hachures ou des traînées de pur blanc, des lumières qui ne sont jamais prises dans le ton lumineux de la chose peinte, et qui détonnent comme des repeints… Regardez dans le Dante ce brillant de bord d'assiette posé sur la fesse de l'homme repoussant du pied le ventre de la femme… Delacroix! Delacroix! Un grand maître? oui, pour notre temps… Mais au fond, ce grand maître, quoi? C'est la lie de Rubens!…
 
—Merci!—fit Anatole.—Eh bien? alors, qu'est-ce qui nous restera comme grands peintres?
 
—Les paysagistes,—répondit Chassagnol,—les paysagistes…
 
Une brusque détonation lui coupa la parole.
 
—Hé! là-bas?—fit Anatole en regardant le coin de l'atelier d'où le bruit était parti; et s'approchant de la petite table sous laquelle on mettait les bouteilles de bière, il aperçut le singe blotti qui, les yeux fermés, faisait très-sérieusement semblant de dormir, en tenant encore dans la main le bouchon d'un cruchon de bière qu'il avait débouché.
 
—Farceur!—dit Anatole; et il le saisit par la patte. Le singe se fit tirer comme quelqu'un qu'on va battre; et au moment où Anatole allait lui donner une correction, il fut sauvé par l'annonce du dîner.
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